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Les Céramiques d'artistes

by Thaïs & Marie Folks |

Picasso à Vallauris 

Le développement de la céramique au XXe siècle doit à l’impulsion du grand marchand d’art Ambroise Vollard (1866-1939). Paul Guauguin, l’un des premiers artistes à s’essayer à l’exercice initie et ouvre la curiosité des jeunes artistes à la céramique. Vollard entreprend de son côté de promouvoir les associations entre le potier et le peintre en faveur de la création de pièces uniques et favoriser ainsi la création de céramiques d’artistes. C’est sur cette volonté que le marchand met en relation, à partir de 1906, le maître céramiste André Méthey et toute une panoplie d’artistes nabis et fauves : Bonnard, Maurice Denis, Jean Puy, Derain, Matisse, Rouault, Vlaminck… Grand nombre de ces artistes étaient liés au marchand d’art dont la marque est apposée sur beaucoup de pièces aujourd’hui détenues par les plus grands musées : Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Musée des Beaux-Arts de Grenoble, Musée pouchkine…)


Pablo Picasso s’installe quant à lui sur la Côte d’Azur après la Seconde Guerre Mondiale pour y vivre et travailler : Antibes, Cannes, Mougins et Vallauris où il séjournera de 1948 à 1955.

Lors d’un salon de céramique en 1946, il rencontre Suzanne et Georges Ramié, propriétaires de l’atelier Madoura à Vallauris ; rencontre qui marquera le début d'une collaboration qui durera 25 ans. Madoura connait un essor considérable attirant de nombreux céramistes ce qui contribuera au renouveau de l’artisanat. Picasso réalise à l'atelier ses premiers essais avec cette terre locale, rouge, très recherchée. Il décide très rapidement de se consacrer davantage à cette activité qui lui offre de toutes nouvelles perspective : la malléabilité de la terre mais aussi la cuisson au four qui révèle des coloris éclatants de l’émail.  Il apprend les différentes techniques des arts du feu aux côtés de Suzanne. Les deux artistes vont beaucoup s’influencer et expérimenter ensemble de nouvelles palettes de formes. Picasso créé alors des milliers d’objets : vases, pichets, assiettes, plats… Il façonne et décore ces pièces avec ses thèmes de prédilection : corrida, chouette, femme… Pour Picasso, la céramique n’est en aucun cas un art mineur.

 

 

Il édita en exclusivité avec l’atelier de Madoura un certain nombre de céramiques fabriquées en plusieurs exemplaires, dont il voulu qu’elles aient un usage quotidien  comme il se confia à André Malraux : «J’ai fait des assiettes ; on peut manger dedans ».

Il est est en effet l’un des rares artistes à avoir consenti à l’édition multiple de ses œuvres. Il décida en effet qu’en dehors de son œuvre originale personnelle, devrait s’ouvrir une collection d’œuvres conçue pour que chacune d’elles puisse être répétée à l’identique en un nombre d’exemplaires définis. Les éditions commenceront dès le début des années 1950 et porteront sur environ 600 pièces. Le rayonnement de l’atelier est amplifié et de nombreux artistes viennent alors réaliser des céramiques à Madoura comme Marc Chagall ou Matisse.

La production de cette époque et le travail de ces nombreux artistes dont contribua fortement Picasso permit de redonner ses lettres de noblesses à la céramique qui connut un regain d’intérêt très fort notamment de la part des collectionneurs et ce depuis les années 80, grâce à une enquête menée sur l’histoire de la céramique du XXe siècle.

 

 

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