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Le monde nouveau de Charlotte Perriand

by Thaïs & Marie Folks |

« L’importance ce n’est pas l’objet, mais l’homme »

Femme libre, pionnière en matière de modernité et artiste pluridisciplinaire (architecte, designer, scénographe, photographe) Charlotte Perriand marque par son génie le XXe siècle. 

Jusqu’au 24 février dernier s’est tenu l’exposition «  Le Monde nouveau de Charlotte Perriand » à la Fondation louis Vuitton à Paris. Ce fut la première grande exposition consacrée à cette artiste depuis la retrospective au Centre Georges Pompidou de 2005, qui avait révélé son travail incroyable au grand public.

Tout au long de l’exposition, design et architecture dialoguent avec les autres formes d’art  :  400 oeuvres ont été rassemblées au total dont 200 oeuvres plastiques (céramiques, sculptures,   photographies…).

 

 

 

Ce dialogue est une constante dans l’Oeuvre de Charlotte Perriand qui dessine un monde dans lequel la création artistique est omniprésente. On retrouve des peintures, sculptures, tapisseries et photographies d’artistes de son temps : Fernand Léger (avec qui elle nouera une grande amitié), Pablo Picasso, Georges Braque, Alexandre Calder, Hisao Dômoto, Joan Miro, Henri Laurens… Toutes les oeuvres présentent dans l’exposition sont des oeuvres choisies par Charlotte Perriand elle même, ou par les artistes eux mêmes pour figurer dans ses expositions. 

 

 

Elle collabore à partir de 1927 avec Pierre Jeanneret et « Corbu », comme elle l’appelle. Quand Le Corbusier fait sa connaissance, elle a déjà dessiné ses meubles : c’est la raison pour laquelle il lui propose de l’engager et de l’associer à l’atelier rue de Sèvres. Le Corbusier va équiper ses villas modernistes avec ses pièces dont le Fauteuil Grand Confort et la Chaise longue basculante, et se mesure ainsi au Bauhaus.

Cette célèbre chaise-longue basculante est doublement révolutionnaire. Le Corbusier lui demandait d’étudier neuf assises, dont deux pour se reposer totalement, l’une pour les hommes – presque un lit – l’autre pour les femmes, un transat (pour éviter que ces dernières aient à lever les jambes). Arguant du bienfait pour la circulation sanguine dans les jambes, Charlotte Perriand va imposer une seule forme pour tous les genres. Elle se fait même photographier avec son collier de billes d’acier chromé, les jambes en l’air, à une époque où une dame ne peut pas avoir, décemment, les pieds au-dessus de la tête. Une grande modernité !

                  

Charlotte Perriand militait pour un nouveau monde et entra assez vite en politique : révoltée, indignée par les injustices,  elle consacra sa vie à l’architecture et croyait dur comme fer qu’on peut changer le monde en faisant adhérer le peuple aux thèses des modernes. Elle rejoint ainsi l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) et devient membre du Congrès internationaux d’architecture moderne.

Elle réussit à se faire une place dans un monde d’hommes. Dès 1929, le débat entre les anciens et les modernes provoque la rupture avec le salon des artistes décorateurs et la naissance de l’UAM (Union des Artistes Modernes), présidée par Robert Mallet-Stevens, et dont Charlotte est membre fondateur.


Cette même année, à seulement 26 ans, lors du Salon d’Automne de 1929, Charlotte Perriand conçoit un appartement modèle en collaboration avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret : un espace cloisonné à mi hauteur par des rangements avec d’un côté la salle à manger, de l’autre le lit monté sur un système de roulement à billes pour être facilement refait. Dans la cuisine, les plans pivotes, s’abaissent ou se lèvent en fonction des besoins. Cette proposition très visionnaire de la jeune architecte était à retrouver totalement reconstitué à l’exposition. 

1937 marque l’année de rupture entre Charlotte Perriand et le Corbusier. Lors de l’Exposition Internationale de Paris, elle participe à la fois avec Fernand Léger pour un pavillon de l’agriculture et avec l’agence de Le Corbusier au pavillon des temps nouveaux. Elle démissionnera à la fin de l’exposition, les crispations ne cessant de se multiplier surtout sur le terrain politique.

 

En 1940 et 1941, Charlotte Perriand se rendit au Japon. Elle fut invité comme Ambassadrice de la culture française et eu une grande influence sur le design japonais. Elle découvre et se passionne pour la culture, les matériaux, l’artisanat et la vie quotidienne où l’on dort encore sur tatami, sans chaise, sans table, . Les principes traditionnels japonais présentent une grande parenté avec l’esprit moderne : plan libre, façade libre, ouverture sur la nature et intégration de cette dernière dans les intérieurs, espaces modulables grâce à des cloisons coulissantes. Pour laisser une trace de son passage, elle organisera une grande exposition en mars 1941 au sein des grands magasins Takashimaya.     

 

 

Quelques objets iconiques signés Charlotte Perriand :

- Chaise longue

- Fauteuil pivotant

- Chaise tout bois

- Chaise ombre

- Banquette Rio

- Bibliothèque nuage

 

 

 

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